La semaine dernière nous vous informions des bruits de couloir concernant les accords de substitution, accords qui viennent faire évoluer les accords Econocom-Osiatis France pour tenir compte de l’arrivée des salariés d’ESR et Econocom-Osiatis Systems.

Depuis, certains syndicats signataires de ces accords sont venus confirmer nos craintes de régression sociale pour ces salariés nouvellement inclus dans les effectifs d’E-OF.

Les salariés d’ESR, notamment, ont perdu 4 jours de repos, sous la forme d’un accroissement de leur durée de travail, sans aucune autre forme de compensation.

Le 25 janvier c’est au tour de la DRH d’expliquer le fonctionnement de la réduction du travail pour les cadres.
A noter qu’il n’est fait sur ce point aucune distinction entre salariés cadres en autonomie complète et ceux ne disposant que d’une autonomie relative.
Chez ESR ces cadres en autonomie relative disposaient d’autant de jours de RTT que ceux sans autonomie, ou que les techniciens et agents de maitrise, à savoir 12 jours par an.

La loi impose un temps de travail pour ces cadres d’un maximum de 218 jours. Il s’agit bien d’un maximum, et pas d’un but à atteindre.
C’est pourtant en ce sens que la Direction du Groupe Econocom, et les syndicats représentatifs, qui ont tous signé ces accords, l’ont compris.
En effet, le nombre de RTT, ou jours de repos complémentaires – on ose à peine parler de réduction du temps de travail –, est calculé de sorte que ces 218 jours soient systématiquement atteints.
Pour 2017 cela donne 8 jours, soit 4 jours de moins que les accords ESR !!!

Les syndicats auraient pourtant pu en sauver deux, au moins pour 2017, en ne signant pas les accords de substitution, ce qui aurait permis la fin légale des accords d’ESR en aout 2017 et leur bénéfice pour les salariés ex-ESR jusqu’à cette date.
Cela dépasse visiblement leurs capacités de résistance et leur motivation à négocier, puisqu’ils se sont empressé de signer ces accords, qui après tout ne concernent personnellement ni eux ni ceux qui ont eu l’occasion de les élire…

On se demande bien d’ailleurs ce qu’ont pu apporter ces accords de substitution aux salariés d’Econocom-Osiatis France, à défaut de protéger ceux venant de Systems et ESR ?
Ce n’est pas la rémunération des heures supplémentaires, qui respectent enfin le droit du travail, qui peut être considéré comme une avancée, ni même les quelques aménagements sur le télétravail.
Et si on reprends la synthèse présentée par la Direction, pour l’ensemble des termes abordés il est bien précisé que ce sont les anciennes dispositions EOF qui s’appliquent à tous, moyennant quelques aménagement cosmétiques.
Ce ne sont pas non plus l’inventaire des jours supplémentaires pour motifs exceptionnels qui équilibreront la balance. On note juste un jour supplémentaire en cas de mariage/pacs du salarié, tout le reste… est le recopié pur et simple de la loi (voir le site du Ministère du Travail) !!

Les régressions sont nombreuses pour les ex-ESR : congés d’ancienneté, suppression du jour de gratuité pour les salariés en inter-mission, horaire hebdomadaire augmenté, moins de RTT, annualisation du paiement des heures supplémentaires, etc…

Dans cet épisode, la Direction était dans son rôle de maximisation de la productivité et des dividendes des actionnaires. On peut lui en vouloir, mais pas s’en étonner.
Tel n’est pas censé être le cas des syndicats représentant le personnel. Des avancées minimes pour les salariés Osiatis, un fort recul des droits pour ceux venant d’ESR, tel est le bilan de cette négociation de « haut-vol » (donnez le sens que vous voulez au « vol »), alors que l’occasion était belle pour ces syndicats de lutter pour faire progresser l’ensemble du personnel E-OF vers un meilleur régime social.
Ambition sans doute trop importante pour eux.

Written by SA CGT Econocom