ActionnairesLe Groupe Econocom a annoncé récemment dans la presse économique qu’il augmentait cette année le dividende versé à ses actionnaires. Il s’agit du dividende 2014, pris sur les résultats de 2013.

Depuis plusieurs semaines déjà, l’ensemble des syndicats de l’UES-ESR avaient exprimé leur demande d’ouverture de négociation sur la « Prime de Partage des Profits » (PPP) comme l’exige la loi.

Pour rappel cette loi, votée sous Sarkozy, prévoit qu’en cas d’augmentation du dividende versé (par rapport à la moyenne de ceux versés les deux années précédentes), une part des profits doit faire l’objet d’une prime à destination des salariés d’un montant à négocier avec les partenaires sociaux.

Mais la Direction refusa en invoquant que, si la prime sur les dividendes est bien toujours d’actualité, elle ne s’applique pas car Econocom SAS (filiale française) ne verse aucun dividende au Groupe Econocom, et qu’il n’y a donc pas lieu de négocier la PPP.

On pourrait en déduire que l’ensemble des bénéfices réalisés par Econocom en France (Econocom Services, Osiatis, etc.) restent en France et est réservé à l’investissement en France, à la croissance par rachat d’autres sociétés, etc…

Mais les choses sont peut-être un peu plus compliquées, puisqu’il existe une autre société, le GIE Econocom, filiale à la fois d’Econocom SAS (France) à 58% et du Groupe Econocom SA/NV (Belgique) à hauteur de 42%, par le biais de laquelle une remontée de la valeur ajoutée des salariés pourrait s’opérer de la France vers le Belgique (voir l’organigramme du Groupe, page 18 du Rapport Annuel Econocom)

D’ailleurs, Econocom communique bien sur le fait que l’augmentation du dividende cette année est possible grâce à l’augmentation de sa performance, « fruit d’une croissance organique (+3,5%) et de l’intégration d’Osiatis sur les quatre derniers mois de l’exercice (+121 millions d’euros) ».

L’arrivée d’Osiatis n’est donc pas étrangère à la nouvelle capacité d’Econocom à rémunérer ses actionnaires…

Les syndicats d’Unis chez Econocom poursuivent leurs investigations, même si c’est peu aisé étant donné la complexité du Groupe.

Néanmoins, même si cette loi n’était pas applicable en l’état pour les sociétés françaises du Groupe, elle a tout de même été produite en 2011 par un gouvernement que l’on pourrait difficile soupçonner de collectivisme. Le versement d’un dividende aux actionnaires du Groupe pourrait être une bonne occasion pour Econocom de montrer que les lois proposées à l’époque par M. Sarkozy répondent bien aux attentes du patronat, et se montrer novateur en les appliquant à son groupe et au niveau européen, par une prime sur les profits d’Econocom accordée à l’ensemble des salariés du Groupe.

Nouvelle Direction du Groupe, nouvelle politique, voilà une bonne occasion de le démontrer.

Written by SA CGT Econocom